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Test de Watch Dogs 1 : les origines de la saga

En 2014, Ubisoft lançait Watch Dogs 1 avec une campagne de communication innovante. Six ans après, que reste-t-il de cette œuvre que l’éditeur envisageait comme le début d’une saga qui pourrait prendre le relais de Assassin’s Creed ?

Un jeu ancré dans la réalité

À quelques semaines de la sortie de Watch Dogs Legion, je vous propose de faire un retour en arrière. Depuis une quinzaine d’années, nous sommes dans l’ère des réseaux sociaux. Chaque jour, ce sont des milliards de données personnelles qui sont confiées à ces réseaux, mais aussi à des services sociaux, gouvernementaux, privés, publics, etc… À tel point que, selon une étude récente, les datas seront la ressource la plus importante du XXIème siècle, devant l’eau. Derrière ces échanges de données se cache des sociétés, comme les GAFAM, mais aussi des gouvernements. Seulement, impossible pour l’utilisateur lambda de savoir réellement comment tout cela fonctionne. En vérité, c’est une guerre numérique qui s’est déjà engagée pour le contrôle de nos données

C’est ce qui est précisément au cœur même du scénario de Watch Dogs 1, et qui, globalement, sera le fil conducteur de la saga. Dès le début, la campagne de promo s’est articulée autour d’un site internet permettant de mettre en avant l’intégralité des données personnelles qui sont en libre accès. Ce faisant, pour certaines villes, nous pouvions voir en temps réel les déplacements du métro, les photos postées sur les réseaux sociaux, etc… Après plusieurs mois de promo, Watch Dogs arrive sur pc, PlayStation 3, PlayStation 4, Xbox 360 et Xbox One le 27 mai 2014. 

Aiden Pearce, un citoyen au cœur du système

Aiden Pearce, surnommé « le Justicier » par les médias, est un hacker de Chicago. Après s’être fait repéré lors du piratage des comptes bancaires de l’hôtel Merlaut, l’un des palaces de la ville, il est victime d’une tentative d’assassinat. Malheureusement, c’est sa nièce qui trouve la mort à sa place. Commence alors pour Aiden une véritable descente descente aux enfers. Animé par une vengeance sans commune mesure, il va traquer les commanditaires pour se faire justice lui-même. Quitte à créer des dommages collatéraux, dont sa sœur et son neveux risquent de faire les frais. Il sera « aidé » par Jordi, un ancien sniper devenu mercenaire, et BadBoy17, mystérieux pirate informatique lié à un groupe de hackers nommé DedSec. 

Face à Aiden se dresse Blume, une société privée à l’origine de la création du CTOS. Le CTOS est un système informatisé de traitement des données. Il régit la quasi-totalité des systèmes informatiques de la ville de Chicago. Métro, ponts, réseau routier, banque, gestion des flux d’eau et du système d’éclairage : le CTOS est partout et contrôle tout. A tel point qu’il est même capable de prédire les crimes. Seulement voilà, le prix à payer est que ce système peux être détourné. Au profit de Blume, des autorités, des politiciens, etc… 

Image de Aiden Pearce
Aiden Pearce, un citoyen en guerre contre Blume pour venger sa famille

L’héritage d’Assassin’s Creed

C’est donc dans une vraie critique de notre société hyper-connectée qu’Ubisoft nous propose d’évoluer. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’éditeur français a de grandes ambitions pour sa nouvelle licence ! Et la meilleure façon pour imposer son nouveau jeu en monde ouvert, c’est de s’inspirer de sa licence phare : Assassin’s Creed. 

Cela passe par la reconstitution extrêmement précise de la ville de Chicago et d’une petite partie de ses environs. C’est un vrai plaisir de se balader dans cette map, d’autant que, si elle n’est pas la plus grande créée par Ubisoft Montréal, elle est certainement la plus peuplée. Des dizaines d’activités annexes sont disponibles, la plupart des pnj peuvent être piratables et vaquent à leurs occupations, etc… Un véritable travail de fourmi.

Une technique correcte

Mais l’héritage d’Assassin’s Creed passe aussi par le gameplay. Ayant une grosse habitude de la licence historique, il ne m’a fallut aucun temps d’adaptation pour prendre en main Aiden. Son maniement porte la marque des jeux développés par Ubisoft Montréal, Aiden possède un mode de déplacement basé lui-aussi sur le parkour (même si son style diffère de celui des assassins) et même l’assignation standard des touches de la manette est quasiment similaire à ce qui se fait sur Assassin’s Creed.

Au-delà de tout ça, il existe des ponts artistiques et, dans le test à venir de Watch Dogs Legion, nous verrons que les deux franchises vont encore plus se rapprocher dans le futur.

Graphiquement, lors de sa sortie en 2013, Watch Dogs n’était pas le plus beau jeu du moment. La faute au fait que le moteur du jeu était cross-génération, devant donc tourner aussi bien sur la génération PS3/Xbox360 que sur la génération PS4/Xbox One. En revanche, la direction artistique était à la hauteur de la réputation des artistes de chez Ubisoft Montréal. Conformément à cette réputation, la reproduction de Chicago est aussi réaliste et cohérente que possible. Tout les spots les plus importants de cette magnifique ville sont présents, et c’est un véritable plaisir de se balader dans ses rues. Les personnages sont assez bien caractérisés visuellement, du moins les rôles principaux. Pour ce qui est des pnj, il faut reconnaître que des modèles random ont été utilisés. Ceci étant, je n’ai pas trouvé cela très gênant.

Un scénario prenant

Les activités annexes, assez répétitives à la longue, sont assez nombreuses et permettent de farmer juste ce qu’il faut pour avancer dans l’aventure principale sans trop peiner. Et je vais en profiter pour aborder ce qui m’a vraiment convaincu : le scénario principal. Avec Watch Dogs, j’ai retrouvé le Ubisoft de Assassin’s Creed 1 et 2. Le studio qui n’hésite pas, sous couvert d’une expérience ludique, à porter un regard critique sur la société. Oui, Blume est la version Watch Dogs des GAFAM. Oui, il y a un côté inception. Et oui, le scénario principal est un hommage aux grands thriller tech du cinéma. C’est même fait avec une qualité et une noirceur qui amènent à réfléchir. Bien sûr, certains auront du mal à rentrer dedans, mais une fois que c’est fait, le scénario nous embarque et il devient difficile de ne pas accompagner Aiden dans sa vengeance. Le jeu poussant le joueur à se confronter à la ligne rouge ultime. 

Verdict

Indispensable. Ce jeu m’a marqué. J’étais convaincu d’avoir devant moi la licence qui pourrait enfin challenger, en interne, Assassin’s Creed. Depuis sa sortie, j’ai probablement fini le jeu une vingtaine de fois à 100%. Je conseille vivement à tout le monde de le tester car c’est un véritable incontournable. Lorsque, un an plus tard, le développement d’une suite a fuité, j’étais confiant, j’avais de grandes attentes. La semaine prochaine, nous verrons que la réalité m’a un peu refroidit.

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Par Laurent

Développeur front-end passionné du pop culture, je partage mon temps entre Vue.js, le cinéma, les jeux vidéo et les voyages.

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