Falcon et le Soldat de l’Hiver : critique de l’épisode 6

Synopsis

Voir la critique de l’épisode 1

Marvel Studios en roue libre

D’habitude, lorsque l’on écrit un article sur une série, on essaie d’éviter autant que possible les spoilers. Mais cette fois, le showrunner de la série Falcon et le Soldat de l’Hiver me permet d’y aller franco dans les révélations. En ayant annoncé la mise en production du film « Captain America 4 » le jour-même de la sortie du dernier épisode de la série, Malcolm Spellman a annoncé que le casting de la série serait reprit. Donc avec Sam Wilson, alias le Faucon, dans le costume de Captain America. Tant qu’on y est, Sharon Carter est le Power Broker. Maintenant que tout ceci est dit, voyons ce qu’il reste. Car, heureusement, il reste des choses à dire !

Marvel va au bout de son idée basée sur le retour du terrorisme à tendance sociale. Les Flag Smashers prennent en otage les participants au Conseil Mondial. Celui-là même qui doit décider de l’avenir des personnes revenues à la vie à la fin de Avengers Endgame. Dès le début, l’ambiance est pesante, et l’on sent que le scénario a la volonté d’assumer ses idées, d’aller au bout. Les méthodes utilisées par les Smashers sont typiques de celles utilisées dans notre monde par les organisations terroristes post-onze-septembre. Forcément, Sam intervient dans son nouveau costume que les magazines de mode qualifierait volontier comme « Captain America by Wakanda ».

Et pour celles et ceux qui le trouve trop blanc, la réflexion des créatifs a forcément été la suivante : « acteur black + costume sombre = Black Panther, donc si on veux que Sam se différencie on lui met plein de blanc ». Et il porte son acolyte robotique Aile Rouge, donc ça fera la touche de rouge nécessaire. Du bleu roi pour le corps du costume et on est bon. Personnellement je trouve le résultat excellent. Les designers du Wakanda sont des experts.

Une quête de cohérence

La série est dans la recherche constante, et le maintien, d’un équilibre entre la crédibilité des faits et la présence d’individus aux capacités surhumaines. Et globalement, cet équilibre est trouvé, à une ou deux exceptions près. Les réactions humaines sont justes, celles des personnages principaux aussi. Mais un point me chiffonne : Steve Rogers arrivait à maîtriser l’usage de son bouclier en vibranium en grande partie grâce à ses pouvoirs liés au sérum. Bucky y arrivait grâce à son bras robotique. Mais Sam, comment peut-il le faire sans se briser quoi que ce soit ? Il n’a jamais reçu le sérum, et son costume n’est qu’un costume. Au fond c’est, pour moi, le seul point dont l’incohérence me gêne légèrement dans cette œuvre. 

Quant à la cohérence inhérente au MCU, compte tenu du passé de celui-ci on peux dire que la série s’imbriquent parfaitement. Pour ce qui est de l’intégration dans la phase 4 cinématographique, difficile à dire tant que les films ne se décideront pas à sortir d’une façon ou d’une autre. Mais le matériel tiré des Cómics est toujours aussi respecté dans l’esprit, à défaut de ne pouvoir l’être dans la lettre.

Un seul monde, un seul peuple

C’est le leitmotiv des Flag Smashers, et aussi le motif scénaristique principal de Falcon et le Soldat de l’Hiver. Aussi surprenant que cela puisse paraître, de la part de l’une des grandes multinationales américaines, la série porte un véritable message politique et social. Les inégalités sont énormes entre ceux qui ont survécus au blip et ceux qui reviennent après cinq ans dans une autre dimensions. Ceux-là se retrouvent parqués dans des camps en attendant que les élites décident de leur sort. L’autre moitié de l’humanité re-découvre le chômage, le manque de produits de première nécessité, etc. 

C’est sur ce terreaux propice que des fleurs comme Karli Morgenthau ont poussées. Elle a put rallier beaucoup des siens à sa cause. Face à elle, John Walker. Captain America de remplacement, motivé par un irrépressible besoin de reconnaissance, il cache au fond de lui une violence presque incontrôlable quand il est face au terrorisme. Il est, en quelque sorte, le visage de l’Amérique Trumpiste, ce que sont devenu en partie nos USA d’aujourd’hui. Falcon et le Soldat de l’Hiver a le mérite de mettre son public américain face à ses responsabilités.

Au-dessus de ce terreau ce que l’on peut appeler les profiteurs de guerre. Zemo y voit un moyen de manipuler la chèvre et le chou pour ne servir, au final, que ses intérêts personnels. Et je parie que ce cher Baron va refaire parler de lui très bientôt dans le MCU. Les murs du RAFT ne le retiendront pas. Possible même qu’on le revoit dans Black Panther 2. Et que dire de LA SENSATION Sharon Carter. En effet, après avoir été désavouée par son pays suite aux événements de Civil War, elle s’est réfugiée à Madripoor. Désabusée, humiliée et seule, elle est devenue le Power Broker. Ayant découvert un scientifique capable de recréer la formule exacte du sérum du super soldat, elle l’injecta à Karli et à ses fidèles pour fabriquer une armée. Afin de renverser l’Amérique. Mais l’arrivée de Sam et Bucky l’oblige à changer ses plans. Seulement, ne vous y trompez pas : même si la scène post-générique nous la montre réhabilitée, elle ne va pas laisser tomber sa vengeance. 

Enfin, il y a nos héros. Et je mettrais aussi John Walker dans cette catégorie car il cherche tout de même à agir pour le bien, simplement il le fait mal. Son recrutement par la comtesse en tant que US Agent va dans ce sens, en espérant que la comtesse travaille bien pour le SHIELD. Ensuite il y a Isaiah Bradley. Le premier super-soldat noir de l’Histoire. Lui-même évolue car il accepte le choix de Samet reconnaît que c’est une étape importante et nécessaire pour que le peuple américain dans son entièreté puisse s’unir. Bucky arrive enfin à faire la paix avec lui même, au prix d’un dernier acte d’héroïsme envers l’un de ses amis. Enfin, Sam trouve la force d’assumer la promesse faite à Steve à la fin de Endgame. Au-delà de tout ça, la série lance quelques pistes pour la suite des événements. Voilà pourquoi je propose une séance de theory-crafting.

Théory-crafting

Steve Rogers est sur la Lune, comme le confie un membre de la sécurité du Conseil Mondial à Sam. Donc, comme dans les comics, il est fort possible que Steve ait pris la tête de ce que le SHIELD aurait toujours dû être. Ce qui fait le lien avec la scène post-générique de Spider-Man far From home dans laquelle on voit Nick Fury diriger des opérations depuis une base orbitale. Nul doute que Fury et Rogers travaillent ensemble avec le soutien des Skrull de Talos. Quand on sait qu’une bonne partie des films de la phase 4 va se passer dans l’espace, et qu’une série Secret Invasion avec Fury et Talos est prévue, je parie sur un retour du vieux Steve Rogers. 

Ensuite, à la fin, lorsque les derniers Flag Smashers sont emmenés en fourgon, un des militaires leur murmure « un seul monde, un seul peuple » avant que l’on voit un vieil homme au loin déclencher l’explosion du fourgon. Suite à ça on voit Zemo s’allonger sur le lit de sa cellule, le sourire aux lèvres après avoir raccrocher au téléphone. Possible que Zemo soit celui qui ait inspiré la doctrine des Flag Smashers, ce qui fait de lui un allié potentiel du Power Broker.

Enfin, le Flag Smasher vivant repéré dans l’Hudson, et que Sam part repêcher, pourrait être le point de départ du film Captain America 4.

Conclusion

Falcon et le Soldat de l’Hiver est une série de facture assez classique, mais très efficace. Le soin apporté à sa conception, son casting et son écriture tendent vers un résultat très cinématographique. Plus globalement, avec cette série et WandaVision, Marvel Studios est en train de faire passer les séries télé à un niveau de qualité de production nouveau. Auparavant, seul certaines saisons de Game of Thorens ont atteint ce niveau. Cela augure du meilleur, tant pour les prochaines séries du studio comme Loki, que pour les séries des concurrents comme Le Seigneur des Anneaux.

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